Comment recruter un directeur des achats ?

Recruter un directeur des achats, ce n’est pas chercher le meilleur négociateur du marché. C’est choisir une personne capable de comprendre ce que l’entreprise achète, ce qu’elle risque, ce qu’elle dépend de ses fournisseurs, et ce qu’elle peut gagner en structurant mieux sa fonction achats. Dans beaucoup d’organisations, les achats ne deviennent visibles que lorsqu’un problème apparaît : un fournisseur critique ne suit plus, une hausse de prix fragilise les marges, un contrat mal cadré crée une dépendance, une rupture d’approvisionnement bloque l’activité, ou chaque service continue d’acheter selon ses habitudes. Le directeur des achats intervient précisément dans ces zones sensibles. Il ne pilote pas seulement des prix. Il pilote un équilibre entre performance économique, continuité d’activité, qualité, délais, risques, conformité et relation fournisseur. La première question n’est donc pas : “Quel directeur des achats faut-il recruter ?” La bonne question est plutôt : qu’est-ce que la fonction achats doit résoudre dans l’entreprise ? Si votre besoin est déjà cadré et que vous cherchez un accompagnement opérationnel, consultez notre page dédiée pour recruter un directeur des achats

Partir du problème achats, pas de la fiche de poste

Une fiche de poste de directeur des achats peut vite devenir une accumulation de compétences attendues : négociation, sourcing, management, contrats, fournisseurs, RSE, reporting, stratégie, supply chain. Sur le papier, tout y est. Dans les faits, le besoin reste flou. Avant de rechercher des candidats, il faut identifier le problème dominant.
  • l’entreprise doit-elle reprendre le contrôle de ses dépenses ?
  • sécuriser des fournisseurs critiques ?
  • structurer une fonction achats encore dispersée ?
  • professionnaliser les achats indirects ?
  • réduire une dépendance fournisseur ?
  • intégrer des critères RSE ?
  • renégocier des contrats sensibles ?
  • recréer du lien entre les achats et les opérationnels ?
Ces situations ne demandent pas le même profil. Une entreprise qui achète principalement des prestations de services n’aura pas les mêmes attentes qu’une industrie exposée aux matières premières. Une PME qui structure ses achats pour la première fois n’aura pas besoin du même directeur qu’un groupe déjà organisé qui cherche à transformer ses process. Une entreprise sous tension fournisseurs attendra autre chose qu’une organisation qui cherche d’abord des économies rapides. C’est souvent à ce stade que le Florian Mantione Institut RH peut apporter une valeur forte : aider l’entreprise à décoder son besoin réel avant d’ouvrir la recherche. L’enjeu n’est pas de produire une fiche de poste plus longue. Il faut formuler les bons critères de réussite. Si le besoin porte plutôt sur un profil opérationnel ou intermédiaire, la recherche peut aussi concerner un acheteur ou responsable achats plutôt qu’un directeur des achats.

Comprendre la maturité achats de l’entreprise

Le recrutement d’un directeur des achats dépend directement du niveau de maturité de la fonction. Dans une entreprise peu structurée, les achats peuvent être éclatés entre plusieurs services. Les contrats ne sont pas toujours centralisés. Les fournisseurs historiques sont rarement challengés. Les opérationnels achètent parfois directement. La direction générale manque de visibilité sur les engagements, les risques ou les dépendances. Dans ce contexte, le directeur des achats devra d’abord construire une base : cartographier les dépenses, identifier les fournisseurs critiques, clarifier les circuits de décision, instaurer des règles communes et rendre la fonction lisible. Dans une organisation plus mature, les attentes changent. Le futur directeur peut être attendu sur la transformation digitale, la rationalisation du panel fournisseurs, le pilotage de la performance achats, la RSE fournisseurs, la contractualisation avancée ou l’internationalisation des achats. Le bon recrutement commence donc par une photographie lucide de la fonction. Quelques questions suffisent souvent à faire émerger le vrai niveau de maturité :
  • sait-on précisément qui achète quoi, auprès de qui et selon quelles règles ?
  • les fournisseurs critiques sont-ils identifiés ?
  • les contrats sont-ils suivis et centralisés ?
  • les économies annoncées sont-elles mesurées dans la durée ?
  • les achats sont-ils associés aux décisions stratégiques ou sollicités trop tard ?
  • les opérationnels perçoivent-ils les achats comme un appui ou comme une contrainte ?
Les réponses orientent directement le profil recherché. Elles évitent aussi de confondre un besoin de structuration, un besoin de négociation, un besoin de sécurisation et un besoin de transformation.

Choisir le bon type de directeur des achats

Il n’existe pas un seul “bon” directeur des achats. Il existe plusieurs profils, chacun adapté à un moment précis de l’entreprise.

Le bâtisseur

C’est le profil adapté aux entreprises où la fonction achats manque encore de cadre. Il structure les familles d’achats, pose des process, met en place des indicateurs, organise les responsabilités et donne une première lisibilité à la direction générale. Il est utile lorsque les achats sont trop dispersés, trop dépendants des habitudes internes ou trop peu visibles dans le pilotage de l’entreprise.

Le "sécurisateur"

Ce profil répond à une exposition forte aux risques fournisseurs : dépendance à quelques partenaires, fournisseurs uniques, délais instables, tensions matières, qualité irrégulière, approvisionnements internationaux ou contrats sensibles. Il ne cherche pas seulement à faire baisser les prix. Il protège l’activité.

Le transformateur

Ce profil convient aux organisations qui veulent faire évoluer une fonction achats déjà existante. Il intervient sur la digitalisation, les outils, la data achats, la gouvernance, les panels fournisseurs, la conduite du changement et la montée en maturité des équipes. Il doit savoir transformer sans déconnecter les achats du terrain. C’est souvent là que la différence se fait.

Le négociateur stratégique

Ce profil devient pertinent lorsque les enjeux de marge, de contrats ou de fournisseurs puissants sont très forts. Mais il doit être évalué avec prudence. La négociation ne vaut que si elle ne fragilise pas la qualité, les délais ou la relation fournisseur. Le rôle du recruteur n’est donc pas de trouver le profil le plus impressionnant en entretien. Il doit identifier le profil utile au contexte.

Évaluer ce qu’un candidat a vraiment changé

Pour recruter un directeur des achats, il ne suffit pas d’écouter ce qu’il affirme avoir économisé. Les résultats achats doivent toujours être contextualisés. Un candidat peut annoncer des gains importants.
  • mais d’où viennent-ils ?
  • d’une stratégie structurée ?
  • d’un marché devenu favorable ?
  • d’une renégociation ponctuelle ?
  • d’un changement de volume ?
  • d’une pression fournisseur difficilement durable ?
  • d’une baisse de qualité acceptée sans le dire ?
La question centrale n’est pas seulement : “Combien avez-vous économisé ?” Elle devient : qu’avez-vous réellement changé dans la manière d’acheter ? Il faut comprendre si le candidat a su structurer un panel fournisseurs, réduire une dépendance critique, améliorer la qualité ou les délais, fiabiliser des contrats, faire accepter une politique achats en interne, installer des indicateurs utiles, professionnaliser une équipe ou intégrer des critères RSE sans désorganiser l’activité. C’est là que l’évaluation devient plus intéressante. Un bon directeur des achats ne se reconnaît pas seulement à ses gains. Il se reconnaît à sa capacité à construire un système achats plus fiable qu’avant son arrivée. Le Florian Mantione Institut RH intervient précisément sur cette dimension d’objectivation. La méthodologie de recrutement par indices permet de croiser le discours du candidat avec des faits, des situations vécues, des références, des comportements observables et le contexte réel des résultats obtenus.

Tester la capacité d’arbitrage

La fonction achats est une fonction d’arbitrage. Le directeur des achats doit régulièrement choisir entre des objectifs qui ne vont pas toujours dans le même sens.
  • faut-il retenir le fournisseur le moins cher ou le plus fiable ?
  • renégocier fortement un contrat au risque de détériorer la relation ?
  • conserver un fournisseur historique apprécié par les opérationnels mais devenu trop coûteux ?
  • privilégier une solution locale, plus chère, mais plus sécurisée ?
  • intégrer un critère RSE même s’il complexifie temporairement le sourcing ?
Ces situations sont beaucoup plus révélatrices qu’une discussion générale sur les compétences. En entretien, il faut donc mettre le candidat face à des cas concrets. Pas forcément des tests formels. Des situations proches de la réalité de l’entreprise suffisent souvent. L’objectif est d’observer sa manière de raisonner.
  • raisonne-t-il seulement en prix ?
  • en coût complet ?
  • en risque ?
  • en rapport de force ?
  • en relation long terme ?
  • en impact opérationnel ?
Un directeur des achats trop brutal peut abîmer les relations internes. Un directeur trop consensuel peut ne jamais transformer la fonction. Le bon profil sait tenir une ligne claire, sans perdre le dialogue avec le terrain.

Ne pas sous-estimer l’acceptation interne

Un directeur des achats ne réussit pas seul. Il doit souvent faire évoluer des habitudes installées depuis longtemps. Dans certaines entreprises, les opérationnels ont leurs fournisseurs préférés. La production veut garder ses interlocuteurs. Les managers de service veulent acheter vite. La finance veut mesurer les gains. Le juridique veut sécuriser. La direction générale veut des résultats. Le directeur des achats doit donc faire accepter une nouvelle manière de travailler. C’est un point souvent sous-évalué dans le recrutement. On vérifie la négociation, les outils, les économies, les fournisseurs, mais pas toujours la capacité du candidat à embarquer l’interne. Or une politique achats, même pertinente sur le papier, peut échouer si elle est vécue comme une contrainte imposée d’en haut. Il faut donc évaluer sa posture relationnelle :
  • sait-il expliquer ses arbitrages ?
  • sait-il écouter les contraintes métier ?
  • sait-il dire non sans créer de blocage ?
  • sait-il construire des règles communes ?
  • sait-il rendre les achats utiles aux opérationnels ?
  • sait-il installer de la discipline sans rigidifier l’organisation ?
Cette dimension humaine distingue souvent un bon expert achats d’un directeur des achats capable de transformer durablement la fonction.

Où trouver les bons profils ?

Les directeurs des achats les plus pertinents sont souvent déjà en poste. Ils ne répondent pas toujours aux annonces, surtout lorsqu’ils occupent un rôle stratégique ou qu’ils évoluent dans un secteur spécialisé. Une annonce peut fonctionner si le poste est clair et attractif. Mais elle doit présenter autre chose qu’un intitulé. Un bon candidat voudra comprendre le périmètre, le rattachement, le niveau d’autonomie, le budget achats, les familles concernées, la maturité de la fonction et les enjeux réels. Pour les profils plus rares, l’approche directe devient souvent nécessaire. Elle permet d’identifier des candidats dans des environnements comparables : même secteur, mêmes familles d’achats, mêmes problématiques fournisseurs, même niveau de transformation. Le rôle du Florian Mantione Institut RH est alors de construire une recherche ciblée, pas un volume de candidatures. Le cabinet peut identifier des profils déjà en responsabilité, qualifier leur intérêt, présenter le projet avec précision et vérifier rapidement si leur expérience correspond au contexte de l’entreprise. Pour élargir la réflexion aux autres fonctions cadres, consultez aussi notre guide pour recruter un cadre par fonction.

Les erreurs à éviter

Le recrutement d’un directeur des achats peut échouer pour des raisons assez spécifiques. La première erreur est de chercher un “cost killer” alors que l’entreprise a besoin d’un structurateur. Le profil peut produire des gains rapides, mais laisser derrière lui une fonction achats fragilisée. La deuxième erreur consiste à confondre acheteur senior et directeur des achats. Être excellent sur une famille d’achats ne signifie pas savoir piloter une politique achats globale. La troisième erreur est de recruter sans tenir compte de la culture interne. Si les achats sont perçus comme un frein, il faudra un profil capable de construire de la confiance. Si l’organisation manque de discipline, il faudra un profil capable de poser un cadre. La quatrième erreur est d’oublier les risques fournisseurs. Les achats ne sont pas seulement une source d’économies. Ils peuvent devenir un point de vulnérabilité : fournisseur unique, contrat fragile, dépendance géographique, qualité instable, manque de traçabilité ou exposition à des tensions de marché. Les enjeux RSE et conformité ne doivent pas être traités comme un supplément. Ils font désormais partie de la qualité d’une politique achats. Ces erreurs rejoignent plus largement les erreurs à éviter lors du recrutement d’un cadre, mais elles prennent une forme particulière dans la fonction achats. Pour compléter ce point, vous pouvez consulter notre article sur les erreurs à éviter lors du recrutement d’un cadre

Faut-il faire appel à un cabinet pour recruter un directeur des achats ?

Faire appel à un cabinet peut être pertinent lorsque le poste est rare, stratégique, confidentiel ou difficile à évaluer. Un cabinet de recrutement spécialisé sur les fonctions achats apporte d’abord un regard externe sur le besoin. Il aide à clarifier ce que l’entreprise cherche vraiment : un bâtisseur, un transformateur, un négociateur stratégique, un sécurisateur ou un profil transversal. Il permet ensuite d’accéder au marché caché. Certains candidats ne sont pas en recherche active, mais peuvent être ouverts à une opportunité si le projet est crédible et bien présenté. Il sécurise aussi l’évaluation. Sur une fonction achats, les résultats annoncés doivent être vérifiés, contextualisés et comparés à la réalité du poste à pourvoir. Selon les enjeux, ce recrutement peut aussi s’inscrire dans une logique plus large de recrutement de directeur supply chain ou de cadre dans la logistique, lorsque les achats sont fortement liés aux flux, aux stocks, aux délais ou à la performance industrielle. 

Recruter un directeur des achats, c’est sécuriser un système

Recruter un directeur des achats, ce n’est pas simplement recruter une personne chargée de faire baisser les coûts. C’est choisir un cadre capable de structurer un système : fournisseurs, contrats, risques, process, relations internes, indicateurs et performance économique. Le bon profil dépend du moment que traverse l’entreprise. Certaines auront besoin d’un bâtisseur, d’autres d’un transformateur, d’autres d’un négociateur stratégique ou d’un profil capable de sécuriser des fournisseurs critiques. La réussite du recrutement repose donc sur une lecture précise du besoin, une recherche ciblée, une évaluation contextualisée et une intégration préparée.

Vous devez recruter un directeur des achats ou un cadre achats stratégique ?.

Le Florian Mantione Institut RH vous accompagne dans le cadrage du besoin, l’approche des candidats, l’évaluation des profils et la sécurisation de votre décision.

A propos de l'auteur

Loïc DOUYERE

Après avoir réalisé 2,5 tours du monde pendant 8 ans avec la Marine Nationale, j'ai rejoint le Florian Mantione Institut en tant que consultant RH en 2001. Généraliste RH, j'ai recruté plus de 1 000 personnes, notamment dans des fonctions commerciales (past-président DCF Languedoc), de l’environnement ou dans les nouvelles technologies (création et direction du logiciel de recrutement en ligne RECRUTOR depuis 2011 – Intégration du milieu des start-up).
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