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EDITOS de Florian MANTIONE



Leçon de GRH à JERASH
Connaissez-vous JERASH ?

Il s’agit d’une ville située au Nord d’Amman, en Jordanie, qui compte un très grand nombre de monuments de l’époque romaine.

Durant ma visite, je m’extasiai devant l’Arc d’Adrien, les Temples de Zeus et d’Artémis, le Forum Ovale, le Macellum, le Nymphée… en me disant : « Ils étaient vraiment forts, ces Romains ».

C’est alors qu’un Jordanien, jeune vendeur de cartes postales, me dit dans un français approximatif : « Mais, Monsieur, ce ne sont pas les Romains qui ont construit ces monuments, ce sont mes ancêtres qui étaient des artisans et des ouvriers… ».

Cette remarque pertinente m’a fait réfléchir.

Effectivement, les commanditaires de ces monuments étaient très probablement des Romains, vraisemblablement aussi financiers et ingénieurs des opérations, mais les véritables bâtisseurs étaient les autochtones, des gens simples titulaires d’une paire de bras et d’une force de travail hors du commun !

Mais alors, d’où vient cette réputation de bâtisseurs dont bénéficient les Romains, eux qui ont laissé tout autour de la Méditerranée les traces de leurs travaux ? Pourquoi ne reconnaît-on pas le travail des Gaulois qui ont construit le Pont du Gard et s’obstine-t-on à parler d’un monument romain ?

Et si, dans nos entreprises, la même ambiguïté subsistait ?

Qui a fait la fortune et la réussite des entreprises du CAC 40 ? Leurs dirigeants ou les ouvriers et les employés qui la composent ?

Certes, cette remarque n’est pas nouvelle, et les dirigeants ainsi que les syndicats des salariés nous le répètent.

Pourtant, quand un chef d’entreprise nous affirme que sans ses collaborateurs, il ne serait rien, qu’il n’aurait rien accompli, le discours est tellement convenu qu’il perd de sa force et de sa signifiance.

Et quand les syndicats revendiquent leur part légitime de succès dans la réussite des entreprises, leur discours est souvent maladroit et généralement agressif.

Je crois que c’est l’authenticité de la réflexion de ce jeune vendeur de cartes postales qui m’a fait prendre conscience de cet aspect des choses. Il n’y avait ni dépit, ni revendication dans ses propos, mais un simple constat.

Depuis 1976, je répète sans cesse que chacun doit être à sa place dans l’entreprise et y jouer pleinement son rôle.

Dans ces conditions, tout un chacun doit légitimement se sentir fier des résultats de son entreprise, et doit en retirer juste reconnaissance et équitable rémunération.

Une grande leçon de GRH à JERASH…

Janvier 2009

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