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EDITOS de Florian MANTIONE



Le manager, la compétition et l'émulation
Notre système libéral est basé sur une idée forte : grâce à la concurrence, ne demeurent que les plus forts.

Et notre éducation, notre formation, nos projets s’appuient sur cette même idée forte : sois le premier, mon fils, sois le meilleur, gagne. Gagne des bons points, une bonne note, une promotion, une augmentation, une médaille en chocolat … la légion d’honneur.

La notion de concours illustre bien notre système et tout le monde l’accepte comme une évidence. Y compris les éliminés, les laissés pour compte.

Et si l’on s’interrogeait sur les ravages que produit ce système ?
Et si l’on s’interrogeait sur le gâchis, sur la démotivation, sur l’abandon, sur les démissions ?

Dans l’entreprise, notre système reproduit une société en miniature et les effets sont surmultipliés.

Le stress lié à la peur de mal faire, à la peur d’être éliminé, peut paralyser certains salariés…

Les blessures narcissiques, apparaissant en comparant les résultats avec les objectifs, peuvent devenir des plaies béantes…

Le rôle du manager est de bien expliquer la différence entre la compétition et l’émulation.

Dans une compétition, il n’y a qu’un vainqueur. Et il est hors de question d’introduire une quelconque compétition entre différents salariés, qu’ils soient commerciaux, productifs ou chauffeurs-livreurs.
La compétition existe entre entreprises, et il faut que notre entreprise soit meilleure que les autres, ou tout au moins, fasse partie des meilleures.

En revanche, au sein de l’entreprise doit exister un sentiment d’émulation, ce sentiment qui pousse à faire aussi bien ou mieux que les autres.
Et c’est au manager à entretenir cette notion de surpassement, car en interne, il vaut mieux se surpasser que dépasser les autres.

A la photo du manager du mois chez Mac Do, nous préférons les chiffres mensuels du restaurant (traduisant le travail d’une équipe) comparés à ceux du Quick le plus proche. Nous préférons améliorer les contributions de chaque co-équipier plutôt que de privilégier le maillon fort… ou de focaliser sur le maillon faible.
Si la compétition valorise l’individuel, l’émulation favorise le collectif par le surpassement individuel.

L’émulation doit donc aider à grandir et ainsi 1+1 fera 3.
Alors l’entreprise toute entière gagnera …

Septembre 2009

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