Et si l’on passait des Ressources humaines aux Richesses humaines ?
Vous avez tous entendu un chef d’entreprise désabusé dire : "J'ai créé mon entreprise pour ne plus avoir de patron, j'ai vendu mon entreprise pour ne plus avoir de salariés".
Cette affirmation est effrayante et m’incite à mettre les choses au clair.
Il existe un énorme malentendu dans l’entreprise.
Certains salariés ne cherchent dans leur travail qu’une rémunération, alors que d’autres y voient une source d’épanouissement.
Certains employeurs ne voient dans leurs salariés que des pions, alors que d’autres reconnaissent que grâce à leurs compétences l’entreprise peut grandir.
Certains croient que respecter le contrat de travail, c’est assurer scrupuleusement les 35 heures.
D’autres pensent que la rémunération doit récompenser le résultat et non la seule présence.
Certains voient dans les techniques de management une habile façon de faire travailler plus et mieux exploiter les salariés.
D’autres imaginent un projet d’entreprise afin de donner du sens au travail collectif.
Certains ne cherchent dans leur entreprise qu’un statut, alors que leur véritable vie sociale se joue à l’extérieur où ils sont mieux reconnus.
D’autres investissent leur argent personnel, s’endettent et prennent des risques pour un aléatoire futur profit.
Certains éprouvent de la souffrance au travail et subissent les incompétences managériales des petits chefs intermédiaires.
D’autres pensent bien agir en créant de bonnes conditions de travail, en espérant ainsi acheter une certaine paix sociale.
Certains associent au mot travail le mal nécessaire et l’étymologie négative de tripalium, instrument de torture à trois pieux.
D’autres y voient le moyen efficace de s’élever socialement et financièrement.
Certains essayent de réussir dans la vie.
D’autres essayent de réussir leur vie.
Certains pensent qu’il faudrait revoir le mode de répartition du gâteau entrepreneurial.
D’autres estiment plus judicieux d’augmenter le gâteau afin de bénéficier de parts mathématiquement plus grosses…
Et si on apprenait à mieux travailler ensemble, à mieux se comprendre, à éliminer les a priori, à considérer qu’ensemble on est plus fort et plus intelligent ?
Et si, enfin, on vivait réellement l’aphorisme de Jean Bodin (1529 – 1596) : « Il n’est de richesse que d’hommes », en passant des Ressources humaines aux Richesses humaines ?
Alors les RH revêtraient leur véritable signification…
Août 2011
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