Décider, c'est faire preuve d'intelligence
Le mot intelligence vient du latin Inter legere, choisir entre, discerner.
L’intelligence est cette capacité à relier, à calculer, à évaluer, à résoudre des problèmes précédemment inconnus. L’intelligence permet de comprendre, de prendre avec.
Mais n’être (naître ?) qu’intelligent est insuffisant pour vivre, car nos émotions, nos sentiments, notre motivation, participent à nos jugements et à nos actions.
Pour un manager, l’acte de décision est fondamental et chaque jour, il décide, tranche, choisit, renonce. Comment décide t il ?
De manière logique comme il a appris lors de ses études supérieures ? En calculant des ratios, en comparant et choisissant la solution la plus rentable ? En calculant ses budgets, en anticipant, en mesurant, en prévoyant ?
La gestion d’une entreprise serait simple si tous les actes étaient dictés par une approche logique et rationnelle.
Dans la pratique, les décisions sont prises en tenant compte du comportement et de la réaction de l’autre, son collaborateur, son collègue, son supérieur, un tiers de l’entreprise…
Homère pensait que les dieux dictaient nos actes. Ainsi, c’est un dieu qui conseille Achille ou Hector, c’est un dieu qui élabore des stratégies. Les actions des personnages d’Homère ne sont pas consciemment élaborées, raisonnées, planifiées.
Notre éducation judéo-chrétienne nous pousse à agir en fonction de nos valeurs qui nous ont été inculquées tout jeune. Nos lois et nos règlements balisent énormément nos décisions et excluent tout « débordement ». Nos rites de passage, notre sens de l’esthétique, notre fascination inconsciente pour le nombre d’or ou la divine proportion sont autant d’exemples d’illusion de choix.
En fait, nos décisions sont empreintes d’inconscient, d’intuition et d’irrationnel. Mais seule notre intelligence et notre expérience nous aident y voir clair, à rationaliser. Quitte à ce que cette rationalisation intervienne après l’acte de décision, à l’image des études de marché qui prouvent au banquier que la géniale intuition du chef était judicieuse et que l’emprunt est totalement justifié…
Mars 2011
Tous les éditos